lundi 25 octobre 2021

Truth : le nouveau média social de Trump sera-t-il utile ?

par h16 Ce qui devait arriver arriva : Trump décide de prendre le taureau des réseaux sociaux par les cornes (et de le retourner à son profit ?) en développant sa propre plateforme sociale sur laquelle il espère bien attirer le maximum de célébrités et d’influenceurs… Le constat qui a poussé le précédent président américain à créer ainsi un concurrent direct des réseaux existants est résumé par une phrase simple, proférée par Trump lui-même : « Nous vivons dans un monde où les talibans ont une énorme présence sur Twitter, alors que votre président américain favori a été réduit au silence. » Et si l’on peut arguer des raisons ayant poussé Facebook ou Twitter à bannir le 45ème président américain, il n’en reste pas moins qu’effectivement, ce dernier n’a plus le droit de s’exprimer officiellement sur ces plateformes. Partant de là, ce n’était qu’une question de temps avant que celui qui a toujours été un homme d’affaires très médiatique entreprenne de résoudre son problème d’une façon tonitruante. Le voilà donc lancé dans la mise en place d’un nouveau réseau concurrent, dont le nom serait Truth Social et qu’il espère lancer le mois prochain. Le financement ne devrait pas poser de problème au vu du succès de la levée de fonds effectuée au travers d’une société spécialisée (SPAC) qui a déclenché une véritable ruée de petits investisseurs pariant sur le succès de l’ex-président américain. Officiellement, la plateforme sociale entend « se dresser contre la tyrannie de Big Tech » (selon les propres termes de Trump) ce qui pourrait se traduire de différentes façons ; il faudra se contenter de juger sur pièces une fois la plateforme lancée et accessible. Indépendamment de son but affiché ou réel, il convient de se réjouir de cette nouvelle : l’arrivée d’une nouvelle plateforme apparaît en effet fort nécessaire dans le paysage médiatique et cyber-social actuel, notamment car il en va clairement de la pluralité réelle de l’expression des opinions sur internet. Force est de constater que les réseaux sociaux font actuellement tout pour éliminer ce qui ne correspond pas à l’opinion qu’ils entendent mettre en avant, qu’on appelle ça « politiquement correct » ou autre chose : les fameux « standards de la communauté » (sur Facebook ou Twitter) sont en effet un paravent pratique (et jamais clairement édicté) permettant d’éliminer tout échange, toute information ou opinion contrevenant à la ligne éditoriale choisie par les équipes de ces plateformes, quoi qu’on puisse penser de cette ligne. Du reste, il est bon de rappeler que l’élimination des opinions et des informations jugées incorrectes est un droit dont disposent entièrement les propriétaires de ces outils informatiques : après tout, l’utilisateur qui ne paye pas (il est donc le réel produit de ces plateformes qui revendent les données) n’a pas de droit spécifique à se plaindre de l’éventuel biais et des interdictions ou bannissements ainsi introduits. Nous savons donc que tous les réseaux sociaux chercheront à policer au maximum l’expérience de leurs utilisateurs, dans un sens qui n’a pas été choisi par ces derniers mais par leurs algorithmes, eux-mêmes dessinés et paramétrés par des humains aux idéologies et aux opinions bien spécifiques. Goûtons malgré tout à l’ironie du sort puisqu’au final, même les biais pourtant algorithmiquement imposés ne parviennent pas à camoufler une certaine réalité : malgré ses filtres et ses orientations politiques, Twitter semble ainsi « pencher à droite » (on pourra pouffer de cette « révélation »)… Ici, on ne pourra s’empêcher de noter que ce sont des entreprises extérieures qui classent les éléments (tweets, informations politiques, politiciens…) comme étant de droite ou de gauche, ce qui rend déjà l’objectivité de ce classement discutable. Mais surtout, l’idée ne semble pas effleurer Twitter (ou le rédacteur de l’article lié) que les individus sont maintenant majoritairement à droite ou plus probablement que plus en plus d’opinions sont estimées comme étant de droite alors qu’elles auraient été considérées comme de centre ou à gauche il y a encore quelques années. Ceci tend à prouver le biais un peu trop clairement à gauche des médias et de ceux qui, justement, établissent les critères et les jugements. Autrement dit, malgré des algorithmes clairement en faveur de certaines thèses, malgré la suppression active (ou cancel culture) appliquée sur un nombre croissant d’intervenants de ces plateformes, l’analyse elle-même biaisée montre que les utilisateurs sont finalement bien moins à gauche que ce qu’algorithmes et politiques de suppression tentent de faire croire. Dans ce contexte, l’arrivée d’une nouvelle plateforme permettra de mesurer l’écart réel à la réalité : avec des algorithmes et des biais différents, et, qui sait, la suppression de certains intervenants, peut-être aurons-nous une image à peu près fidèle en agglomérant les données de Facebook, de Twitter et du futur Truth Social ? Une autre raison de se réjouir de l’arrivée d’une nouvelle plateforme est l’aspect particulièrement étouffant des restrictions maintenant en vigueur sur les plateformes existantes qui ont, de fait, bien besoin d’une solide concurrence pour ramener un peu de bon sens dans leurs suppressions et interdictions de contenu souvent arbitraires (ou pour le dire moins gentiment, carrément idiotes). Certains sujets sont en effet devenus impossibles à aborder, quelques mots suffisant à déclencher de l’urticaire chez les utilisateurs et les algorithmes : Pire : certains contenus parfaitement licites, culturellement indispensables, deviennent inaccessibles sur ces plateformes. C’est le cas d’œuvres exposées dans les musées de Vienne, dont certaines représentent des nus célèbres, qui sont régulièrement bannies à tel point que ces musées ont été obligés d’ouvrir une page OnlyFans… On le comprend : oui, Trump va avoir son réseau et à tout bien y réfléchir, c’est tant mieux. Ou bien il choisit la même voie que les autres réseaux sociaux, consistant à peser lourdement sur ce qu’on veut voir publié, quitte dans ce cas à obtenir un réseau social penchant nettement vers la droite conservatrice par exemple. Dans cette hypothèse, ce sera le pendant des réseaux existants, et pourra être vu comme un simple rééquilibrage du paysage cyber-social global. Si l’on est sincèrement ouvert à la liberté d’expression et qu’on souhaite vraiment le développement et l’argumentation de toutes les idées, rien que ceci est déjà souhaitable. Mais Trump et son équipe peuvent aussi choisir au contraire de laisser ce réseau trouver sa propre orientation, en garantissant un ton et une liberté d’expression réelle, solide et totale. Là encore, ce serait une excellente chose qui lui permettrait peut-être de devenir une référence en la matière sur internet. Enfin n’oublions pas qu’un medium, quel qu’il soit, reste un point de défaillance unique pour le producteur d’information qui ne peut pas tout miser sur ce genre de passerelles de diffusion. C’est une des raisons qui amènent à aider la concurrence de ces réseaux entre eux et surtout, favoriser les mediums de diffusion non centralisés garantissant une véritable liberté d’expression. —- Sur le web Ces articles pourraient vous intéresser: Élection présidentielle : Macron ne se laissera pas « clintoniser » Google, Facebook, Twitter : la tentation du « safe space » Donald Trump n’est pas victime de censure TikTok, l’élection présidentielle américaine approche !
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